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[geotamtam] Journées "LUTTES AUTOCHTONES : FORMES ET PRATIQUES FILMIQUES" - appel à participation [message n° 1182] Mon, 05 November 2018 20:57
Anthony Pecqueux
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Anthony Pecqueux 
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De: Perrine Poupin <perrine123456@yahoo.fr>
Objet: Journées "LUTTES AUTOCHTONES : FORMES ET PRATIQUES FILMIQUES" - appel à participation
Date: 1 novembre 2018 à 12:48:58 UTC+1
À: Perrine Poupin <perrine123456@yahoo.fr>

Bonjour à tou-te-s,

Le comité d'organisation des Journées "LUTTES AUTOCHTONES : FORMES ET PRATIQUES FILMIQUES", qui se tiendra le 27-28 février ; 8-9 avril ; 2-3 mai 2019, a le plaisir de vous adresser un appel à (re)présentations (voir ci-dessous).

La date limite d'envoi des propositions de communications est le 1er décembre 2018.

Vous trouverez la version en langue anglaise de l'appel, la bibliographie ainsi que la composition du comité scientifique du colloque sur le site dédié :  http://etudesglobales.ehess.fr/luttes-autochtones-formes-et- pratiques-filmiques/ 
N'hésitez pas à faire circuler cette annonce dans vos réseaux.

***

Luttes autochtones : Formes et pratiques filmiques 

Paris. 27-28 février ; 8-9 avril ; 2-3 mai 2019

La Fémis / PSL Université

 

Appel à (re)présentations

 
Trois journées d'études proposent de réunir cinéastes, militants et chercheurs autour de l'usage des outils filmiques dans les mobilisations sociales des populations autochtones. En compagnie des acteurs engagés dans ces communautés et leurs mobilisations, ces rencontres permettront d'établir une première cartographie des formes et pratiques filmiques qui s'inventent dans les luttes autochtones contemporaines. Les échanges porteront sur les expériences et situations qui donnent naissance aux formes filmiques, les histoires vernaculaires de ces pratiques, leur rôle dans les mouvements de résistance et de changements politiques et sociaux. Ces journées d'études sont organisées dans le cadre du projet de recherche “For a Global Study of Filmic Practices within Autochthonous Struggles”, dirigé par Nicole Brenez à La Fémis, et financé par l'IRIS Études Globales de l'Université PSL.

 

Par cet appel, nous recherchons à la fois des interventions, correspondant au format académique d'une communication de 20 minutes, et des formes expérimentales, présentées ou envoyées par l'intervenant (performance, lettre filmée, enregistrement sonore) ou bien dirigées à distance, comme ce serait le cas pour un dialogue lu et interprété par le corps et la voix des organisateurs et/ou des participants. Les propositions de présentations académiques et de formes expérimentales devront clairement s'inscrire dans le cadre de l'une de ces journées. Les interventions comme les rencontres avec les cinéastes se dérouleront en anglais. 

 

#1 : Autochthonous Cinema against Occupations [North America]
27-28 février 2019, avec :
– Alanis Obomsawin (cinéaste et musicienne)
– Myron Dewey (vidéaste et militant, Digital Smoke Signals)
– Sky Hopinka (cinéaste et plasticien)

 

#2 : A Long View on Colonizing Practices and their Amnesia [Pacific/West Indies]
8-9 avril 2019, avec :
– John Gianvito (cinéaste et professeur à Emerson College)
– Myrla Baldonado (militante, Pilipino Workers Center)

 

#3 : Autochthonous Futures, Our Future [Oceania/North America]
2-3 mai 2019, avec :
– Karrabing Film Collective (collectif de cinéastes et militants)
– Lisa Rave (cinéaste et plasticienne)
– Erik Blinderman (cinéaste et plasticien)

 

 

Projet de recherche

 

Nous souhaitons créer collectivement des espaces pour étudier les rôles et les formes des pratiques filmiques dans les situations de conflits où les communautés aborigènes, amérindiennes et rurales se confrontent à des processus globaux. Par Autochtones, nous entendons donc l'ensemble de ces communautés dont l'existence et les manières de vivre s'inscrivent dans une longue histoire de relations interdépendantes avec leur environnement.
Les communautés autochtones sont bien souvent les premières à faire l'expérience et témoigner des violences d'État, des restrictions des droits fondamentaux, de l'exploitation économique, de la pollution, de la contamination des êtres vivants, de l'injustice environnementale, de l'expropriation des terres et des déplacements forcés. Ces situations hostiles mettent en jeu des processus écologiques, macroéconomiques et géopolitiques de grande échelle. Au-delà des apparences, ces processus globaux, dont la profondeur historique s'étend sur des décennies ou des siècles, sont majoritairement d'origine humaine. Une catastrophe écologique, le développement d'une nouvelle technologie d'extraction ou une série de décisions politiques discriminantes peut engendrer des situations éprouvantes et désastreuses pour les communautés autochtones, les poussant ainsi à se mobiliser pour veiller à ce que leur existence et leur environnement ne soient pas menacés par ces exactions. De telles mobilisations entraînent à utiliser des outils pour identifier et rendre visible les conséquences tangibles de ces processus de grande échelle. Capables de documenter et transmettre l'expérience des communautés menacées, les enregistrements retournent à des publics, qui sont, d'une manière ou d'une autre, partie prenante dans le monde économique responsable des processus à grande échelle et de leurs effets. Depuis les années 1960, un grand nombre de ces communautés ont fait usage de différentes pratiques filmiques et médiatiques pour outiller leurs luttes.
Ces trois rencontres seront l'occasion de discuter et d'examiner les questions centrales du projet : comment la prise de vues et de son devient-elle un aspect de la lutte ? quels sont les effets attestables des pratiques filmiques et médiatiques sur le devenir de la lutte ? comment les images enregistrées sont-elles conçues et adaptées à la spécificité de la mobilisation ? de quelle manière la communauté des individus affectés par ces situations de trouble, de contamination, de violence, participe-t-elle à l'élaboration de ces formes filmiques ? comment les films parviennent-ils à décrire l'urgence d'une situation de mobilisation tout en évoquant les ramifications et la profondeur historique des processus de grande échelle à l'œuvre ? où et comment sont diffusés et distribués ces films et vidéos, et quels sont leurs effets au sein de la communauté mobilisée et en dehors de celle-ci ?

 

 

Journées d'études 

 

JE #1 – Autochthonous Cinema against Occupations [North America]
Ces premières rencontres interrogeront les tactiques filmiques développées par les mouvements autochtones de résistance aux spoliations des terres et aux projets des entreprises d'extraction. Dans leur masterclass, la cinéaste Alanis Obomsawin, de la nation Abenaki, le militant et vidéaste Myron Dewey, membre des nations Paiute et Shoshone, et le cinéaste Sky Hopinka, des nations Ho-Chunk et Pechanga, reviendront sur les confrontations qui opposèrent les communautés autochtones aux forces armées et polices privées à Oka, en 1990, et à Standing Rock, entre 2015 et 2017. La crise d'Oka au Québec comme les mobilisations contre le Dakota Access Pipeline dévoilent la volonté des gouvernements fédéraux de déposséder les communautés autochtones de leurs droits, et montrent comment pratiques filmiques et tactiques médiatiques permettent aux communautés affectées de représenter leur expérience. Les présentations et performances pourront notamment porter sur les pratiques filmiques qui s'élaborent dans les luttes en cours et sur la diversité des formes filmiques qui ponctuent l'histoire des mouvements politiques intertribaux et panamérindiens en Amérique du Nord.

JE #2 – A Long View on Colonizing Practices and their Amnesia [Pacific/West Indies]
Ces deux journées seront consacrées à l'élaboration d'une première cartographie et chronologie des pratiques filmiques – documentant les luttes autochtones en cours dans plusieurs régions historiquement marquées par les pratiques coloniales des États-Unis. L'amnésie collective entourant l'histoire coloniale des Philippines formera le point de départ de ces rencontres. Le cinéaste John Gianvito, professeur à Emerson College, reviendra sur l'ensemble des films qu'il a consacré à l'histoire politique et visuelle de l'impérialisme états-unien. La militante Myrla Baldonado, l'une des fondatrices de l'ONG People's Task Force for Bases Clean-Up aux Philippines, présentera l'histoire des mobilisations collectives, locales et internationales, contre les bases militaires de Clark et Subic. La conversation sera ensuite étendue à l'ensemble des luttes autochtones contemporaines du Pacifique et des Caraïbes : Okinawa, Micronésie, Philippines, Hawaii, Porto Rico. Nous attendons des propositions qui adoptent une perspective empirique ou historique (de 1980 à nos jours). Une attention particulière sera accordée aux mobilisations sociales contre les bases états-uniennes et aux pratiques filmiques nées des luttes environnementales contemporaines de l'aire pacifique ou caribéenne, ainsi qu'aux mouvements insurrectionnels du Sud des Philippines.

JE #3 – Autochthonous Futures, Our Future [Oceania/North America]
Cette dernière rencontre engagera une conversation autour des formes filmiques, collectives et essayistes, qui s'attachent à représenter aujourd'hui l'expérience des communautés autochtones dans des contextes marqués par la contamination des terres ancestrales et les déplacements de populations, tout en figurant des formes alternatives d'histoires, de récits, et de vivre ensemble. Le Karrabing Film Collective présentera son travail réalisé au sein de sa communauté, dans le Territoire du Nord de l'Australie, et les cinéastes Lisa Rave et Erik Blinderman reviendront sur leur enquête autour de Yucca Mountain, un territoire West Shoshone dans le Nevada qui fait l'objet d'une colonisation continue depuis la signature du traité Ruby Valley en 1863. Dans le cadre de cette discussion étendue aux populations autochtones d'Océanie et d'Amérique du Nord, les propositions pourront porter sur les formes filmiques qui documentent l'exploitation intensive des ressources naturelles et la menace que celle-ci représente pour les futurs autochtones et tous nos futurs. Les présentations consacrées aux formes développant l'uchronie, l'utopie et les futurismes sont les bienvenues.

 

 

Deux modalités de présentation

Ces trois journées constituent une invitation à ouvrir la discussion à l'ensemble des personnes engagées dans ces luttes autochtones, que ce soient les chercheurs et jeunes chercheurs qui travaillent sur des thèmes du projet, ou bien les militants, cinéastes et acteurs de la société civile impliqués dans ces luttes. Nous souhaitons donc réunir à la fois des interventions académiques, de vingt minutes, et des interventions expérimentales, qui offrent aux auteurs une grande liberté de forme pour présenter témoignages et expériences.

 

Présentations académiques
En plus d'explorer les domaines d'études du projet de recherche, ou de discuter et mettre en perspective le travail de l'un.e des cinéastes ou collectifs invités, les propositions de présentation académique peuvent porter sur un ou plusieurs des thèmes suivants :
– Chronologies des pratiques filmiques. Études monographiques sur les pratiques ou sur les archives filmiques d'un.e cinéaste ou d'un collectif.
– Études empiriques et ethnographiques des procédures de tournage, de diffusion et de réception des films et vidéos.
– Enjeux et formes de la "souveraineté visuelle" (Michelle Raheja). Éthiques de tournage, prises de décisions concernant ce qui peut ou ne peut pas être filmé (cérémonies rituelles, délibérations politiques lors des assemblées générales...).
– Autonomie technique et souveraineté technologique. Pratiques filmiques et médiatiques dans des situations marquées par la fracture numérique et le contrôle et le suivi des contenus publiés sur les plateformes numériques.
– Financement et diffusion des films. Financements gouvernementaux, télévisions et médias aborigènes, autoproduction ; les impacts des modalités de production sur la réalisation des films et l'autonomie des cinéastes.
– Détournement des technologies filmiques. Enquêtes sur les anciennes et "nouvelles manières de subvertir [indigenizing] les films et les technologies par le regard autochtone" (Myron Dewey).
– Historicités des images et temporalités des luttes autochtones. De l'urgence de documenter les violences d'État à la construction d'une mémoire vernaculaire ; les usages des images dans les différentes stratégies et le temps long des luttes autochtones.
– L'écologie sonore des luttes. Histoire orale, chants spirituels et protestataires dans les films.
– Uchronies, utopies et futurismes. Les réalités alternatives et les devenirs imaginés, oubliés, réinventés par les pratiques filmiques des luttes autochtones.

Formes expérimentales
Les propositions expérimentales peuvent prendre la forme d'une œuvre filmique ou sonore, ou encore d'une performance (un monologue, un dialogue, un reenactment...). Afin d'encourager et faciliter la participation des personnes ne pouvant pas se déplacer et venir à Paris, nous recevons également des formes performatives qui peuvent être mises en scène et dirigées à distance. Dans ce dernier cas, l'auteur ou les auteurs auront à leur disposition les corps et les voix des organisateurs et des participants aux journées d'études, ainsi que l'ensemble de l'espace où se tiendront les rencontres (une salle de cinéma ou une salle de conférence). 
Les formes expérimentales peuvent durer jusqu'à 20 minutes. Les auteurs peuvent utiliser le langage de leur choix, dès lors que leur intervention est accompagnée d'une traduction anglaise. Le thème de l'intervention doit s'inscrire dans le cadre de l'une des journées d'études. Pour les interventions mises en scène à distance, les organisateurs sont disponibles pour discuter en détail de la performance ou réaliser une répétition avant la journée d'études. Les formes performatives pourront être filmées, suivant là aussi les souhaits et directions des auteurs – et dans la limite des moyens techniques à notre disposition. Les rushes vidéos seront ensuite envoyés à l'auteur sans montage, il ou elle sera libre de les archiver, de les monter et de les diffuser.
La proposition inclura :
– une mention de la forme de l'intervention (enregistrement sonore, film, dialogue...) ;
– une liste des moyens techniques et humains nécessaires pour l'intervention (nombre de participants, le dispositif d'écoute de la pièce sonore ou de projection du film…) ;
– une courte description de 300 mots de la performance ou de l'intervention ;
– des indications, le cas échéant, sur l'enregistrement et ses possibles usages.
Les auteurs doivent être conscients des contraintes et des ressources spécifiques mis à leur disposition, et garder à l'esprit l'importance des notations et instructions qui sont à inclure dans la version finale de l'œuvre ou du texte. Pour s'assurer des meilleures conditions, la forme finale du texte sera adressée aux organisateurs trois semaines avant la journée d'études.

 

 

Calendrier
Les propositions sont à adresser avant le 1er décembre 2018 aux adresses suivantes : alopai@hotmail.com et larcherj@hotmail.fr. La proposition, rédigéeen anglais, devra préciser la journée thématique choisie, le format de l'intervention (film, performance ou présentation). Elle devra également inclure un résumé de 500 mots – pour les présentations académiques – ou de 300 mots – pour les formes expérimentales –, une note biographique et, le cas échéant, une liste des moyens techniques et humains nécessaires à l'intervention. Les réponses aux propositions seront faites le 17 décembre 2018 et le programme définitif des journées sera mis en ligne le 20 janvier 2019. Nous n'avons malheureusement pas de budget dévolu aux frais de transports et à l'hébergement des participants. Pour toute information, regardant plus particulièrement les formes expérimentales, les organisateurs peuvent être contactés aux adresses mails ci-dessus.

 

 

Comité d'organisation 
– Nicole Brenez (La Fémis / Sorbonne Nouvelle)
– Daniel Cefaï (EHESS)
– Giovanni Careri (EHESS)
– Jonathan Larcher (EHESS)
– Sébastien Lechevalier (EHESS)
– Ricardo Matos Cabo (Birkbeck University of London)
– Alo Paistik (EHESS)
– Perrine Poupin (EHESS)
– Caroline San Martin (La Fémis)
– Skaya Siku (Academia Senica)
– Marko Tocilovac (EHESS)
– Barbara Turquier (La Fémis)
– Eric Wittersheim (EHESS)




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